MC Mélenchon ou « les eurograttes sataniques »

Une interview de Truman Condom pour Les Rockuptibles

FRANCE SOCIALISTS

Le DJ gourou eurothrash MC Mélenchon aux platines

Selon toi, les raves européennes sont devenues fastidieuses ?
Elles ont de nombreux points communs. Sur la méthode d’abord. Ceux qui ont proposé ces nouveaux remix plein de samples de Santana en boucle inversée volontairement illisibles et indansables ont tous la même attitude arrogante et infantilisante envers les teufeurs de la France. Mais dans le cas de l’Irlande on a battu un record avec un Premier DJ qui a osé avouer qu’il n’avait pas lu le mode d’emploi de sa double platine numérique. Sur le contenu ensuite. A coups d’amidon, c’est le même beat tout le temps. Naturellement les gars de la dauche sont bien disposée à l’égard de la méga free eurothrash contempo. Il a donc fallu le temps que les gens comprennent qu’on leur proposait le même son stéréotypé partout et après qu’un énorme morceau de la banquise des travellers de l’euronéothrash old-wave se soit bien énervé.

Tu crois à un futur meilleur ?
Pour être franc, pas beaucoup. Mais on dit qu’il le faut pour éviter les ulcères, enfin, je crains qu’un fort sentiment antieurothrash ne se développe. Ce qui est frappant avec les nouvelles eurograttes des remix, c’est qu’elles deviennent peu à peu sataniques. On les sent habités par le démon et l’ esprit critique est aboli. Il suffit de dire le mot «Europa» et les eurogratteux entrent en transe spasmodique, se roulent sur scène : du chiqué bien entendu !

Aujourd’hui quel es ta vibe ?
Je suis inquiet. Les trois «non-free», en France, aux Pays-Bas et en Irlande sont des défaites pour l’Eurothrash libéral mais j’ai peur que les DJ européens tentent de passer en force. Ça ne serait pas la première fois et ils en ont les moyens techniques. Or, il y a une méthode tellement simple que l’on pourrait suivre: en juin prochain, on se défonce à mort, tous, avec une sono géante dont j’ai dessiné les plans et qui fait 18 mètres de haut. On me donne un mandat et on me laisse le soin de mettre au point la formule pour faire tout péter. Sur toutes les dancefloors on va pas en revenir. Il faut arrêter le boum-boum catastrophiste. L’Eurotrash n’est pas en panne.

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