L’E-Dito de Truman Condom

Il faut savoir sortir de son petit pré carré de temps en temps, ne serait-ce qu’en imagination. Bien que nous soyons en notre onctueux pays le fer de lance de l’innovation fromagère, de la créativité sécuritaire, à la pointe de l’humilité culturelle et de la prudence balzacienne; nous ne devons pas pour autant nous endormir sur des lauriers acquis à force de durs renoncements et de glorieux égoïsmes.

Car il existe aussi une Union Européenne, avec ses différences, certes parfois extravagantes mais ô combien savoureuses. J’apprends d’ailleurs avec émerveillement que nous sommes tutélaires de cette Union depuis plus d’un demi-siècle. Je confesse moi aussi, sans rougir, des faiblesses.
C’est pourquoi lorsque j’entends autour de moi critiquer notre rayonnement international, je dis : quel pays peut s’enorgueillir d’avoir la fière Espagne, le doux Portugal, la bouillonnante Autriche, la verdoyante Belgique, la belliqueuse Allemagne et l’insolente terre d’Albion comme Colonies ?

La France et ses Colonies

Allons messieurs du prétoire de la critique facile. Allons messieurs les procureurs à cheveux gras et à barbes de trois jours. Nous serions un pays en phase de repli ? Nous serions un état frileux et cacochyme, perclus de crises d’arthrite identitaire ? Engoncé dans la paranoïa xénophobe ? Nous serions momifiés dans nos peurs ? Le bel esprit des Lumières placé en pré-retraite ?
Ne sont-ce pas là des facilités oratoires qui déshonorent leurs  auteurs ? Hé quoi, messieurs les beaux parleurs, mettez vos postes à jour.  Pratiquez l’update salvateur. Le censeur social fonctionne en notre belle nation, en dépit de ce que vous en pouvez dire.
Car nous sommes protégés en même temps que rayonnants de nos farouches précautions et, à ce titre, inspirons des propos qui poussent sur le sol, hélas fertile, de bien des jalousies.
Nos lois d’airains ( Perben de 1 à 164 ) nous protègent de la canaille : les gardes à vues, arrestations sommaires et les fichiers informatiques amoureux du détail comme seuls savent l’être nos artistiques foisonnements prospèrent.  Loppsi, STIC, Judex : comme ces mots sont suaves et délivrent l’or d’un miel rassurant dans nos trompes d’Eustache (oreilles (ndlr)) tandis que la couleur dominante de nos vies, celle de notre police est d’un bleu comme l’azur des plus pur.
Un bleu uniforme comme le ciel de Provence, celui de Cézanne, de Manet, de Monet, de Money, money, money et, si vous permettez cet emprunt à la langue de Shakespare et à celle de Abba : it is funny in the rich men’s world !

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