Archives pour la catégorie Matos

Love is in the air

Comment ne pas tomber sous le charme de ce couple d’engins de mort roulés comme Pamela Anderson et Jude Law qui folâtrent dans la brume romantique d’une mâtinée
délicate ? Ces deux stars, deux F-16 de l’USAF qui pèsent à elles seules quelques millions de dollars nous captivent dans leur fragile et touchante candeur où le temps semblent comme suspendu  à leurs ailes dans un instant de poésie. Alors avant d’aller verser quelques tonnes de matières explosives sur le public bercé par l’aérodynamisme de ces courbes, le couple capable d’atteindre un orgasme de Mach 3 nous offre un moment de grâce et d’innocence.

i412_0Edgar Novlang

 

La fin de l’égoïsme

Nous n’avons plus rien car nous n’avons jamais rien eu.
Ce qui nous possède se limite à tout ce que nous avons voulu, pas même à ce que nous avons eu.
La beauté est à nos pieds mais nous marchons dessus.
La prison est en nous et la clé se trouve dans notre pardessus.

Ceux qui nous possèdent ne le font que parce que nous le voulons bien.
L’amour n’est pas un mot qui se traduit en acte mais un acte qui n’a pas de mot pour se décrire.
Ce qui nous est retiré nous est ajouté à la fin.

La peur et sa concubine, la bêtise est un bien de consommation de masse.
Nous sommes la masse mais le poids nous manque pour devenir critique.

La légèreté qui fait la noblesse de nos âmes s’est trouvée abolie par de plus sots que nous.

Nous sommes bien plus libres que nous avons l’ombre de l’imaginer.
Seule notre capacité d’être maintenant nous sera la possibilité d’un avenir.

Soyons fous n’ayons plus crainte du prochain car il est à deux pas d’accomplir notre destin tandis que nous accomplirons le sien.

Libérons des chaînes l’esclave au fond de nos peines, rien ne nous appartient quoique ils eussent pu nous le faire croire.

La jeunesse est une eau vive entre nos mains, comme la vie elle coule et jamais ne revient, sauf pour sauver nos enfants
du début de la fin.

Antoine de Saint Exaspérant.

Les Rockuptibles de retour

Tel un Béhémoth confit dans les gelées de la pensée unique, Les Rockuptibles s’étaient mis en sommeil en attendant des jours meilleurs. Les auteurs enfermés deux années dans les caves de la rédaction, nourris au pain sec et à l’eau du robinet avaient fomenté une fronde qui les conduisirent vers la démocratie et menèrent Truman Condom(e), le rédacteur en chef, à prononcer la liquidation du Blogzine. Ce dernier s’épuisait depuis en mondanités et en ruminations désoeuvrées sur Facebook où il renouait d’anciennes accointances avec ses vieux camarades de Harvard.

Mais les récents évènements en Afrique du Nord et à travers le monde arabe nous ont tirés de notre torpeur et après une séance houleuse et plénière des membres de l’ancienne rédaction, nous sommes arrivés à l’unanimité par prendre la décision de reprendre l’ours là où nous l’avions laissé.

 

Les quinze membres ( au premier plan ) de la rédaction du blogzine révolutionnaire Les Rockuptibles

Dimanche matin, 20 février 2011, Truman Condom(e) a reçu notre délégation dans son quinze pièces cuisine de l’avenue Montaigne et c’est les mains enfoncées avec désinvolture dans les poches de sa robe de chambre fétiche ( un cadeau d’Hugh Hefner (ndlr) ) qu’il nous a déclaré :

 » Ah comme je suis content de vous revoir, mes amis ! Alors comme ça la mutinerie est terminée ? Non, non, pas un mot : je ne vous en veux pas, car pour ma part tout est oublié. La porte de ma cave vous demeure toujours grande ouverte et je ne pourrais sans me déshonorer éconduire une telle brochette de talents, une telle concaténation de grands esprits. Vous voulez reprendre le journal dites-vous ? Certes, mais il va falloir consentir quelques sacrifices.

Primo, finies les vacances à Montreuil (93) et les virées du samedi soir au Café de la Gare du Nord. J’attends de mes journalistes qu’ils soient sur la brèche 24 H/24 : je finissais par vous trouver ramollis et indolents. Vous étiez sur la pente de l’embourgeoisement, on aurait dit une véritable digestion dominicale en vous voyant…Méfiance et vigilance mes fiers spadassins, car nous sommes l’élite de la contestation, l’avant-garde de la critique sociale, la migraine du système médiatique, son meilleur cauchemar, son antidote également et par dessus tout sa noble frugalité. Voilà qui mène à mon secundo : vos propensions coupables à la consommation de viande rouge tous les midis et ce goût de précieuses ridicules pour le chauffage central qui nous conduiraient droit dans le mur si vous aviez l’audace de persister dans les sottes revendications qui furent les vôtres.

Excusez la franchise de mon propos, mais je vous le déclare franchement : vous étiez en train de vous Pernauiser, de vous David Pujadassifier, le Claire Chazal en bandoulière pour ainsi dire. Mais laissons au garage les récriminations. Hardis petits, c’est oublié : sus à vos claviers et à vos Ataris ! L’information est une campagne militaire, que dis-je une conquête spatiale au point où nous en sommes rendus.

Oh j’oubliais, il va falloir tout nettoyer en bas, la femme de ménage refuse de descendre à la cave que vous avez laissé dans un état proche de la Lybie. Elle m’a avoué n’avoir jamais pensé que des journalistes pussent sentir aussi mauvais, elles pensaient que Les Rockuptibles étaient rédigés par une meute de gorilles radical-socialistes en rut. Alors de la discipline, mes enfants, deux chiffres et un grand auteur classique : dix-six-Pline : voilà le nombre d’or de notre entreprise. Seize avec votre serviteur. Vous êtes quinze, alors vous devriez être capables d’entretenir une grotte de 50 mètres carrés. Organisez-vous diantrefeucques ! Allez, allez mes chers amis : je ne vous blâme pas, car un père peut-il rejeter son enfant revenu au bercail ? Fi, non. Descendez au travail, allez descendez mes chers petits, que je ferme derrière vous… »

Je me rappelle d’avoir surpris J.B Kérozen qui en avait presque les larmes aux yeux. Était-ce de joie ? Ou bien une poussière dans l’oeil ?

Tout cela pour vous dire que nous sommes de retour…

Victor Ego

Tout doit disparaître

Moi, Truman Condom, après avoir assuré la capitainerie des Rockuptibles pendant deux années durant lesquelles j’ai mené la barre de ce navire fort d’un équipage de quinze auteurs dévoués et talentueux prononce en pleine possession de mes facultés pataphysiques et cérébrales la liquidation de ce webzine tel que vous l’avez connu.

Truman Condom

Il faut préciser à l’intention des profanes que le but affiché des Rockuptibles était de moquer les outils autant que les usages de la propagande  médiatique orchestrée  par les pouvoirs en place. Nous avions par nos sottises,  par ce que certains pourront considérer comme de la vulgarité ou du mauvais goût ou par ce que d’autres qui nous le concèdent – une plume acerbe et vigoureuse – décidé de prendre pour cible la bouffonnerie décomplexée de la société médiatique. Nous y voulions dénoncer le mensonge permanent et le mode viral par lequel la presse et la télévision nationale ont intoxiqué notre quotidien. Le pouvoir de l’infox !

Désormais, cette facilité de ton nous est forclose dans la mesure où elle a perdu toute pertinence.

Les Rockuptibles cessent ainsi leur activité de « grande gueule » digitale. Toute satire nous semblant au vu des récents évènements désormais caduque,  nous en tirons les conséquences qui s’imposent. Nous nous expliquons.

Les maîtres dépassent les élèves…

La décision de liquider Les Rockuptibles nous a été dictée par la  fortuite audition un certain lundi 18 octobre 2010 du JT de France 2  dans lequel la grossièreté pitoyable du propos nous a fait rire aux larmes en même temps qu’elle nous a forcé reconsidérer l’essentiel de nos activités. Les rôles se trouvant alors selon nous, subitement inversés.

De sorte que, à la sortie de cette expérience métaphysique, il nous a semblé manifeste que Les Rockuptibles avaient été rejoints et dépassés dans les registres du grotesque par les modèles qu’ils avaient pour vocation de pasticher. Le Journal de 20 H de la chaîne publique nous avait détrônés et fait mordre la poussière en nous tenant les côtes.

C’est que, dans le choix des sujets,  dans la niaiserie compassée des analyses, dans le traitement ronflant des thèmes abordés, dans le ridicule des « experts » convoqués à l’antenne, dans la sotte évidence des questions posées lors des interviews, dans le prêt-à-penser puéril et les idées en solde, dans le côté bourgeois gentilhomme de David Pujadas qui avait l’art de faire de la désinformation comme M.Jourdain celui de faire de la prose; rien n’avait été économisé par nos saltimbanques-journalistes de la télévision pour produire le plus savoureux effet comique.

Le syndrome « comique qui s’ignore » de la société du spectacle contemporaine…

Mais nous ne cessions pas céans et arrivions à cette seconde conclusion que le système de la société spectaculaire était entrée dans son ère « comique qui s’ignore » incapable désormais de prendre la mesure de sa sotte vulgarité. De là, nous  constations que les agents de la propagande officielle ne se rendant plus compte de leur propre balourdise,  ils étaient  devenus totalement « Deborderline ».  Cette déviance schizoïde du réel inversé nous apparaissant comme  le signe manifeste d’un basculement des stéréotypes qui glissaient en quelque sorte sur une peau de banane  médiatique et nous  régalaient du spectacle de les voir tomber sur le cul.

Rappelons à la police de la pensée que toute bonne propagande, et cela depuis Goebbels, son sinistre inventeur, doit par principe  fondamental apprécier la distance qui sépare la vérité des fables qu’elle sert aux dupes qui en font leurs opinions. Mais, si d’aventure cette appréciation des distances se trouve négligée en raison de la médiocrité ou de la trop grande insouciance de ses artisans, nous entrons alors dans une phase de « perte de contrôle » où les dupes eux-mêmes se trouvent comme secoués et réveillés par les tartes à la crème qui traversent leur petit écran.

Les Rockuptibles entrent ainsi avec vous tous, par la force des évènements, dans une nouvelle ère. Une ère beaucoup plus sérieuse où nous pourront toujours nous distraire au théâtre de ces marionnettistes qui nous manipulent et se prennent les pieds dans leurs propres ficelles.

Nous conservons évidemment à l’intention des lecteurs toutes les publications postées à ce jour. Nous y ajouterons ceci : usez, chers lecteurs et lectrices d’une grille de lecture rétroactive et comparative. Regardez le JT et lisez, ou relisez ce que constituent désormais les archives de Les Rockuptibles. Alors vous jugerez des deux qui est le plus bouffon.

Enfin, nous pensons qu’il est désormais venu le temps nouveau de réinventer un véritable consensus philosophique et non plus  uniquement matérialiste pour déterminer nos choix politiques et notre avenir social.
Tout doit disparaître……..

TRUMAN CONDOM

McAfee prend Windows pour un virus informatique

Plusieurs milliers d’utilisateurs de PC utilisant l’antivirus McAfee ont été victimes d’un plantage en boucle qui provoquait la réinitialisation ad nauseam de leur ordinateur.

Une pléthore de PC tournant sous l’OS Windows XP ont été mis en état de  panique,  victimes mercredi d’une erreur d’update de leur antivirus informatique McAfee qui identifiait dans le  service pack3  de XP (dernière mise à jour de Microsoft) un virus dangereux et rebootait la machine  après la mise en quarantaine d’un certain fichier considéré comme hostile. Des utilisateurs institutionnels ( hopitaux, universtités) ont vu rouge suite à la paralysie de leurs réseaux et la côte des actions McAfee a perdu 2 point de vie en bourse.

Alors McAfee se tromperait-il à ce point ? Ou bien les incontournables services packs de Microsoft ont-ils des fonctions inavouables qui révoltent à juste titre le bon chien de garde  qu’est un antivirus ?
Voilà donc un bug anecdotique qui pose de pertinentes questions sur le concept de transparence informatique (terme qui désigne l’opacité des processus en cours qui tournent, invisibles, en tâche de fond lors de l’exploitation de votre PC par le système logiciel Windows).

Billy Zeguique

Video Game : Virtual SDF au banc d’essai

Direction les studios 3D d’Interactivos en région parisienne pour un dîner aux chandelles avec une version jouable de  Virtual SDF. Nos premières impressions (c’est très grunge et très diversifié )  vont-elles se confirmer ? L’occasion de vérifier la mise en pratique des belles promesses d’Avalonman, le développeur, et de prendre en main MARCO LE CLODO avant de se lancer dans une aventure pleine d’embrouilles et de plans foireux dont il faudra sortir vivant.

Virtual SDF : incarner un mec à la rue depuis son salon avec le cul posé devant son PC ou sa console de jeu. Le videogame de l’hiver au banc d’essai

Le jeu impressionne le joueur par la taille de l’environnement et le large panel d’entraves à la liberté d’action du héros, Marco, un jeune clochard jeté sur le pavé de la ville lumière. Mais les bétas tests avaient  un peu déçu car s’étaient montrés très répétitifs. Les développeurs qui devaient sortir le jeu  après trois ans de production se sont fait virer et sont à la recherche d’un emploi. Heureusement, la suite du développement a été confié à des petits génies roumains du studio Alaramassos (Cracovie) qui l’ont finalisé avec brio.

Comme le monde est pourri !

Un graphisme magnifique : Marco commence la partie avec une belle gueule. Mais ça va pas durer.

Immersion dans l’univers 3D de Virtual SDF, un Paris reconstitué avec le souci du détail. Les quais, les jardins publics, les bouches d’aérations, les couloirs du métropolitain, les pissotières payantes, les soupes populaires : tout est là pour plonger le joueur dans l’univers de Marco et faire profiter au player d’une carte immense de plus de 1 000 km2 (avec gestion des points d’intérêts via un radar très détaillé, pour ne pas s’y perdre).

Un départ un peu lent

La partie commence avec notre héros épuisé et totalement désargenté qui récupère des points de vie sur le banc d’un jardin public juste après son expulsion forcée par les CRS de son ancien domicile.
Le premier élan manque un peu de rythme, mais les choses changent rapidement. En effet, les développeurs ont imaginés un tas de petits scenarii amusants pour réveiller notre personnage. Une attaque par un pitbull sans laisse, un quinquagénaire en rolex qui se met à lui rouer les côtes à coups de pieds, une pluie diluvienne etc… Marco doit se remuer s’il veut survivre dans Virtual SDF.

Marco se bouge et trouve dans une poubelle des accessoires pour continuer sa palpitante aventure

L’apprentissage de la galère

Commence une longue série d’errances et d’humiliations forts bien rendues par les scénaristes. Marco a faim, heureusement il a 30 en aptitude à demander l’aumône aux passants. Cette partie du jeu est un peu longue à notre goût. Il aurait pu par exemple trouver providentiellement un billet de 500 Euros. Enfin, les studios ont voulu un cadre le plus réaliste possible et c’est à l’honneur de l’équipe d’Interactivos qui a néanmoins placé des accessoires pour la quête de Marco dans sa survie.

Après quelques heures de vagabondage sans but, notre héros doit récupérer du Mana, sous une porte cochère par exemple

De l’action bien ficelée

Une fois rassasié et à peu près remis d’aplomb, Marco poursuit son inexorable progression. Avec un peu de chance et d’habileté on arrive au niveau 2 où l’action prend plus de consistance.

De l’action également avec des animations visuelles de toute beauté comme ces policiers  dans une ambiance très Injuste Cause (le titre phare de l’année 2009)

Parce que pour Marco, notre héros, il faut se battre contre les autres vagabonds et autres clochards à la dérive, mauvais sujets divers et racaille de passage à la ramasse. Enfin, les non players characters ( les flics super bien faits et super effrayants par exemple ! ) sont bien rendus et crédibles. Il lui faudra traverser des instants qui lui permettront de comprendre que c’est la lutte qui donne son sens à la vie !

Marco peut sombrer dans l’alcoolisme, cela ajoute des points de bravoure à son profil mais le personnage perd en constitution et en réflexes

Oui de nombreux pièges jonchent le pénible chemin de Marco. L’envie, par exemple qui vient le tenter avec l’apparition d’un superbe créature sortie tout droit d’un film de Marylin Monroe en plus Kate Moss. Marco n’a évidemment pas les moyens de séduire la jeune femme qui n’est peut-être que le fruit de son imagination et il a la possibilité alors s’adonner sans retenue à la boisson pour faire baisser l’indicateur de frustration ( la barre verticale rouge en bas à gauche).

Une apparition ? Une hallucination ? un fantasme de Marco ? Quelle est cette Eve sortie d’un bidon ?

Des passages bien merdeux

Pour le coup, Marco ne doit pas lâcher l’affaire. Au troisième niveau notamment où la température baisse à 5 degré en dessous de zéro et qu’il faut trouver un endroit pour éviter de perdre bêtement le personnage dans une crise d’hypothermie au milieu de figurants qui ne prêtent aucune attention à son désarroi… J’en ai perdu comme ça quatre à ce level du jeu. L’astuce ? Aller sur le bord du canal saint-martin où l’association des Enfants de Don Quichotte ( très bien reconstituée)  a dressé des tentes rouges très graphiques.

Un refuge providentiel pour notre héros par une température à pas foutre son cul dehors

Nous avons aimé l’alternance des couleurs et des noirs et blanc qui impriment au jeu une sorte de rythme et renouvelle une quête avec des moments un peu déprimants pour le novice. L’ambiance sonore de la rue avec les sirènes de pompiers, de SAMU et les voitures qui passent à toute vitesse est finement reconstituée également. Virtual SDF est un playgame à découvrir de toute façon pour les amateurs de jeu exclusivement solo. On peut déplorer à ce titre l’absence de jouabilité en réseau.

Billy Zeuguique

Consommation : le crédit revolver

En ces temps difficiles de crise économique, les banquiers ne manquent pas d’imagination. De nouveaux produits  financiers innovants et audacieux voient le jour. C’est le cas du crédit revolver. Un  contrat attrayant et dynamique à l’intention des particuliers.

Un magnifique 38 spécial chargé de six projectiles vous est remis par le banquier à la signature du contrat de crédit revolver

L’initiative vient de La Société Géniale  et de la Caisse d’Empoigne qui proposent désormais une déclinaison du crédit revolving : le crédit revolver. L’idée est basique. Une provision d’argent  d’un montant de 20 000 à 500 000 euros est versée au signataire du crédit au taux préférentiel de 19.99 % par mois d’intérêts cumulables en même temps qu’il lui est généreusement remis un revolver 38 spécial de marque Smith et Wesson chargé de balles réelles (full metal jacket).
Si d’aventure, le débiteur aux abois se trouve dans l’incapacité de rembourser, criblé de dettes et harcelé par les exploits d’huissiers, il peut se tirer calmement une balle dans la tête dans la grande tradition boursière des années krash. Ou encore cribler de balles son entourage dans un moment de désespoir hystérique (attention : cette option est punie par la loi pénale;  par ailleurs, fidèles aux traditions prudentielles de leur profession, les banquiers ont prévus de porter des gilets bulletproof et de s’équiper de fusils à canons sciés pour accueillir les clients trop instables ou qui ne voudraient pas jouer le jeu ).
Évidemment le contrat prévoit de faire de l’établissement préteur le légataire universel de tous les biens meubles et immeubles de l’emprunteur et de ses ayant-droits.
Une belle initiative à l’anglo-saxonne pour relancer la consommation des ménages et dynamiser l’économie.

Edgar Novlang

2020: les vaches grasses

En 2020, presque tous les Britanniques seront en surpoids, moi également et vous aussi. Nous serons décrit selon ce que  la langue de fer désigne savamment sous le terme de  « superboul », celle de bois sous celui de « personnes présentant une surcharge pondérale », tandis que la langue commune utilisera encore le bon vieux « gros ».

Gros vu de loin ( détail au téléobjectif )

Mais la balle se trouve en vérité dans notre camp. Car lorsque nous serons tous devenus  gros, alors nous ne le serons plus dans la mesure où « presque  » tout le monde le sera. Le nom que nous donnons aux gens et à leurs tailles se sera déplacé vers une autre échelle, une autre dimension normative.
C’est en cela que cette information relève donc d’un non-évènement, puisque c’est  nous qui déciderons comment les maigres souffriront de « sous-charge pondérale » et comment nous devrons les plaindre.
Enfin, dans la mesure où nous serons devenus les plus nombreux, nous pourrons même lancer de nouveaux magazines avec des experts dedans qui iront proposer aux retardataires de se faire du souci et de suivre des régimes pour prendre du poids.

Philippe K.Bite

Science : langue de bois, langue de fer

Un nouveau concept est né. Après la langue de bois, la langue de fer. Grâce à deux chercheurs émargeant dans le Think Tank Une balle dans la fête, groupe de réflexion tourné vers l’amélioration des usages citoyens et le civisme en basse altitude, la langue de fer pourrait faire son apparition très bientôt.

Un essai en laboratoire de la langue de fer

« Il ne s’agit pas de se planter douze piercings dans l’appendice lingual, ni de fermer sa gueule à tout propos, mais tout simplement d’exprimer des lieux communs assortis de périphrases ultra-violentes mais néanmoins consensuelles dans la mesure où la cruauté verbale et la malveillance oratoire sont devenues naturelles auprès du grand public », déclare Presley Vice, conseiller en communication et initiateur du projet .
Avis donc aux spécialistes, ce nouveau modus glossandi n’étant pas à la portée de tous, il faudra attendre les premières applications industrielles à la télévision pour apprécier pleinement la portée de cette découverte.

Edgar Novlang

La réponse Netdisaster

Nous recevons souvent de nos lecteurs des courriers inquiets par la tournure que prennent les choses. Que faut-il faire et qu’allons-nous devenir dans ce monde toujours plus numérique et indéchiffrable ?

La plupart, en effet, se plaignent d’une sorte de dilution du Dasein (sentiment d’avoir conscience de soi-même en tant qu’entité pensante dotée de libre-arbitre (ndlr)) dans l’univers nolife de nos cybers existences aussi parallèles et virtuelles qu’elles semblent parfois vaines et dénuées de consistance. Fichés sur Facebook, twistés sur Twitter, gavés sur Myspace, schizoïdes sur Second Life, on se parle entre zombies d’un PC à l’autre dans la marée sans fin d’opinions classées « sans importance ». On se sent abêtis par pléthores de sites internet qui vous donnent des envies de cybercarnages.  Un sentiment de vide et de futilité s’installe qui peut favoriser l’apparition de comportements antisociaux et dangereux.

La solution s’appelle Netdisaster, heureuse initiative de nos amis d’Outre-manche, qui propose avec fraîcheur une formule à la fois limpide et ludique contre ce mal-être (sentiment de trouver la vie merdique et insensée (ndlr)) digital d’utilisateurs fragilisés.

Une entreprise de salubrité générale

Je préfère laisser la parole à la page d’accueil de Netdisaster qui annonce simplement :

Je vous le dis, c’est vraiment mal d’attaquer le site d’autrui, vous savez. C’est vilain et peut vous attirer de gros ennuis. Vraiment. En revanche, détruire votre propre site est une chose sympathique, qui est gratuite et c’est même simple.

En effet,  Netdisaster offre d’un coup de clic astucieux d’aller copier quelques lignes de codes html qu’on ira calmement insérer dans le code de son propre site, de son blog ou de sa page perso pour les faire voler en éclats.
A ce jour, 111 669 334 personnes ont déjà pratiqué la solution de l’ auto-implosion numérique entre 2005 et 2009 et toutes s’en portent mieux.

Alors, n’attendez plus : pourquoi pas vous ?

Et puis au fond, pourquoi pas moi ?

Philippe K.Bite